Le moment est venu pour de véritables listes électorales bilingues à Bruxelles

La proposition de Sven Gatz d'instaurer un « vote bruxellois » donne la possibilité aux Bruxellois de voter de l'autre côté de la barrière linguistique, mais malheureusement cette barrière subsiste, c'est ce que pense le groupe sp.a au Parlement bruxellois.

Mercredi 18 mai 2016- La proposition de Sven Gatz d'instaurer un « vote bruxellois » est une fausse solution

D'ailleurs, la proposition de Sven Gatz n'est pas neuve : en 2011, il avait déjà lancé une idée du genre. Cela fait déjà longtemps que le sp.a Bruxelles trouve que les murs électoraux entre les Bruxellois francophones et flamands doit disparaître. Depuis 2009 déjà, le sp.a plaide pour l'autorisation de véritables listes électorales bilingues dans la métropole multiculturelle et multilingue sans pour autant abandonner la protection de la minorité néerlandophone.

Un Bruxellois qui veut donner sa voix à un candidat pour le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, doit actuellement faire un choix linguistique. Les listes électorales bilingues sont interdites lors des élections régionales. Ceci est problématique pour diverses raisons.

De plus en plus de Bruxellois ne peuvent pas se retrouver dans la scission néerlandophone – francophone. Bruxelles n'est pas une ville où deux communautés linguistiques cohabitent l'une à côté de l'autre. Plus de la moitié de la population bruxelloise n'a pas de grands-parents belges. Une ville de renommée internationale comme Bruxelles héberge à peu près toute la population mondiale. Le législateur n'en a pas tenu compte en 1989 lors du développement du système électoral.

« Il est dommage que la population bruxelloise diversifiée doivent se ranger dans un groupe linguistique lors du vote. D'un seul clic du stylet électronique, la moitié du spectre politique est immédiatement balayée de la carte. Ne serait-il pas plus logique, plus démocratique aussi, et certainement plus intéressant sur le plan du contenu de répartir les électeurs et les candidats selon leur vision de la ville plutôt que selon leur langue ? », pensent Jef Van Damme, Fouad Ahidar et Elke Roex. « Peut-être un électeur bruxellois veut-il voter pour une liste de politiciens qui s'investissent dans la lutte contre la pauvreté générationnelle via un accompagnement actif des chercheurs d'emploi. Quel est le niveau de pertinence pour cet électeur que la liste soit composée de personnes qui parlent français, espagnol ou turc à la maison ? »

La société civile bruxelloise a procédé à la bonne analyse lors des États Généraux en 2009 : Bruxelles n'a pas l'ambition de rassembler et d'enthousiasmer tous les Bruxellois. Il n'y a aucun projet, aucune « imagination partagée » où tout le monde, du vieux Belge au primo-arrivant en passant par tous les autres, peut se retrouver. Comment peut-on escompter qu'un projet partagé puisse voir le jour dans un système qui divise la population bruxelloise en deux collèges électoraux ? Comment une vision de la ville peut-elle voir le jour si les politiciens sont forcés de se présenter uniquement à une population bruxelloise, sur la base d'un critère linguistique suranné ?

Le groupe sp.a bruxellois souligne que le système électoral doit mieux refléter la réalité bruxelloise : « Le sp.a Bruxelles avait déjà proposé en 2009 d'autoriser des listes bilingues lors des élections régionales. Nous avons immédiatement joint la parole aux actes (symboliques) et ouvert la liste sp.a aux candidats non-néerlandophones. »

Les députés répètent le plaidoyer de franchir le pas vers de véritables listes électorales bilingues à Bruxelles. L'Open VLD propose de donner deux voix pour chaque Bruxellois : une véritable voix que l'électeur peut donner dans son groupe linguistique, et une deuxième voix moins réelle, qui peut être donnée à une liste d'un autre groupe linguistique. Cette proposition est déroutante et n'est pas efficace : les électeurs ont toutefois la possibilité de voter de l'autre côté de la barrière linguistique, mais cette barrière continue de subsister. Dans ce sens, la proposition est le déni d'un projet urbain commun, d'une imagination partagée et d'une identité commune.

Le sp.a Bruxelles propose de ne pas opter pour des fausses ou demi-solutions – il y en a déjà tellement à Bruxelles, mais pour « the real thing » : de véritables listes électorales bilingues à Bruxelles. Certaines garanties doivent faire en sorte qu'il y ait suffisamment de néerlandophones élu au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, et que les candidats néerlandophones ne puissent pas être relégués au bas de la liste. Nous y sommes obligés en raison de l'équilibre dans ce pays et de la fonction de capitale de Bruxelles.

Enfin, afin de permettre à l'ensemble de la population de participer à la vie publique dans notre magnifique ville, il est important d'étendre le droit de vote régional aux non-Belges. Saisissons la réalité bruxelloise complexe avec un système électoral simplifié, donnons une voix à tous les Bruxellois, mobilisons la population et renforçons la participation à la démocratie, sur la base d'un projet urbain partagé et quelle que soit la langue que l'on parle.

Source : SP.A Brussel